2018 : Ouverture à la littérature roumaine

Cette année, le Prix Boccace propose de découvrir la littérature étrangère grâce à la création d’un prix littéraire en Roumanie. En effet, le partenaire principal du Prix Boccace, le conseil départemental est jumelé avec le judet d’Olt, un département de Roumanie. Les élus du Loiret ont à cœur de faire connaître ce pays notamment par sa culture. Le Prix Boccace s’ancrant de plus en plus dans le monde francophone, il nous est apparu évident de poser la première pierre « internationale » avec la Roumanie.
Ce Prix récompensera une nouvelle d’un auteur roumain traduite en français.

Un partenariat a été établi à Bucarest avec le Musée National de Littérature Roumaine et la revue littéraire Iocan. Les textes proposés par ces deux partenaires seront sélectionnés par une équipe d’auteurs-traducteurs dont Virgil Tanase et Laure Hinckel.

*** La revue Iocan

Jusqu’à la fondation de la revue trimestrielle littéraire Iocan à Bucarest en mai 2016, les écrivains excellant dans les formes courtes manquaient de débouchés. Les éditeurs roumains et les revues littéraires étaient frileux devant le genre de la nouvelle. Trois écrivains confirmés, Cristian Teodorescu, Marius Chivu et Florin Iaru ont donc créé cette revue, rejoints bientôt par leur confrère Dan Pleşa.

En 3 ans et 6 numéros, Iocan a publié 68 auteurs (dont 30 auteures) et pour la moitié d’entre eux, cette publication est une première.

Sans thème défini, sans limite d’âge ni barrière professionnelle, chaque numéro de 160 pages n’a qu’une restriction : les textes font moins de 30 000 signes.

Chaque numéro est entièrement illustré par un photographe. Les éditions Vellant assurent l’impression et la diffusion à 2000 exemplaires.

 

448502-0

 

adela-greceanu-1

 

*** Adela Greceanu : Lauréate du Premiul Boccace avec le texte « Et Si » ( traduction : Mirella Patureau)

Les membres du jury ont choisi de remettre le premier « Premiul Boccace » à l’auteur Adela Greceanu pour sa nouvelle « Et si » paru dans la revue Iocan. Mirella Pature a assuré la traduction de ce texte.

« Et si » est le portrait d’une femme solitaire et proche d’une douce folie. L’obsession, le ressassement velléitaire, l’immobilité frileuse du personnage sont captivants. Nous sommes totalement immergé dans le petit monde étouffant des pensées de l’héroïne qui tournent en rond. Nous sortons de cette lecture un peu groggy, comme si nous-même « prenions des pilules ». L’écriture est dynamique, la construction du récit tourbillonnante mime parfaitement la spirale de la folie. L’ensemble est nourri d’un détachement ironique et empreint d’une ambiance typiquement roumaine.

Elle n’a rien d’autre à faire. Pas de petits-enfants à conduire à l’école. Pas de petit chien à nourrir et promener. Même si elle y a pensé, à prendre une petite boule de poils blancs comme celui qu’a Geta, seulement, elle a tellement réfléchi et re-réfléchi qu’elle y a finalement renoncé. Parce qu’en fait elle aime les gros chiens, pas ces joujoux de la taille d’un chat.

Adela Greceanu (née en 1975 à Sibiu) est écrivaine et journaliste radio. En 1997, elle est publiée pour la première fois avec le recueil de poésie Titre de mon volume qui était si préoccupé… (Eminescu Publishing House), suivi par Domnişoara Cvasi (Vinea Publishing House, 2001) et Right Understanding (Paralela 45, 2004). En 2008, est édité son roman Mireasa avec des chaussettes rouges (Polirom Publishing House). Elle revient à la poésie en 2014 avec Et les mots sont une province (The Romanian Book Publishing House). Plusieurs de ses textes courts sont disponibles dans la revue Iocan.

Adela Greceanu a participé à des lectures publiques en Roumanie et à l’étranger (Vienne, Berlin, Leipzig, Medana, Göteborg, Stockholm, Uppsala, Budapest, Gênes, Sofia, Thessalonique, Istanbul). Ses recueils ainsi que des fragments ont été traduits en allemand, anglais, suédois, Bulgare, grec, hongrois, italien, turc, slovène…

Depuis 1998, elle travaille à la Radio Romania Cultural, où elle produit des programmes littéraires. Elle collabore également au magazine Nouvelle Littérature et « Dupa 20 de ani » (Après 20 ans)