Chris Simon – Ecrire le réel

Nous partirons à la découverte du monde une plume à la main. Nous nous attacherons aux détails, aux petits instants de la vie quotidienne. Nous regarderons notre ville, notre environnement, nous l’écouterons frémir, murmurer, nous interpréterons le monde avec une loupe. Nous explorerons cette soif de réalité. Comment rendre dans l’écriture ce qui est vrai, réel ? Comment la fiction et la non-fiction se côtoient dans la littérature ? Comment le réel nourrit la fiction ? Comment on passe du vrai à la vraisemblance ? Quels en sont les ressorts et les techniques ?

Vladimir Nabokov disait : « La littérature est faite de détails ».

À travers le journalisme littéraire, nous enrichirons notre potentiel en apprivoisant la réalité, en se l’appropriant pour se la faire sienne tout entière, loin des généralités.

Nous nous appuierions sur des auteurs américaines Joan Didion et Lydia Davis pour explorer et rendre au plus près, le plus en détail possible ce que nous percevons des autres et du monde extérieur et ce qui se joue dans cette perception. Nous n’essaierons pas d’inventer, mais nous nous attacherons plutôt à observer au plus près afin de relater les événements dans tous leurs détails internes et externes.

À l’écoute des petits instants du quotidien, nous en saisirons la matière de laquelle naît toutes propositions de fiction. L’équivalent en peinture du travail sur le motif plutôt que sur l’ensemble. Chaque texte sera individuel ; une sorte de fragment qui pourrait ensuite faire partie d’un tout.

Chris Simon est l’auteure de nombreuses nouvelles. Elle a également écrit plusieurs séries littéraires dont « Lacan et la boîte de mouchoirs », un feuilleton psy et « Brooklyn Paradis ». Elle vient de sortir son premier roman « Memorial Tour ».

En savoir + : Chris Simon

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29 mars – 5-12-19 avril – 17-22 mai 2018
Théâtre Clin d’œil – 14h à 16 h 15 OU 19 h 30 à 21 h 45 (SOIR : COMPLET)

Frédéric Forté – Poésie

Frédéric Forte se propose d’entraîner les participant(e) s de cet atelier dans une mini-aventure éditoriale. De l’acte de composition des poèmes jusqu’à leur mise en forme sur la page, chaque poète du groupe élaborera sa propre plaquette de poésie (leur « chapbook » comme disent les Anglo-Saxons). Plus qu’un exercice, il s’agira d’interroger l’écriture poétique contemporaine tout en laissant s’exprimer les goûts et la singularité de chacun.

Au terme des séances de travail, naîtra donc une mini-collection de poésie à la fois homogène dans le format et très diverse dans ses contenus.

Frédéric Forte Il est poète et membre de l’Oulipo depuis mars 2005. Il est notamment l’inventeur de l’opéra-minute, la petite morale élémentaire portative, les bristols ou les 99 notes préparatoires… Mais il ne s’interdit aucune voie, pas même la prose ou le vers libre !

Pour en savoir plus : Frédéric Forté

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Les jeudis 5-12-19 octobre / 9-16-23 novembre 2017
Théâtre Clin d’Oeil – 14h à 16h15 ou de 19h30 à 21h45

 

 

Editions des ateliers d’écriture

A l’issue des ateliers d’écriture, les nouvelles et textes courts des écrivants sont édités par l’association.

Recueils disponibles :

* La nouvelle noire

* La nouvelle américaine

* L’art du suspens

* La nouvelle historique

* Nouvelle et photographie

* « Famille je vous haime »

Ella Balaert – Nouvelle, lettres, cartes postales et correspondances

Amateur.e.s de confidences, fausses ou vraies, et de correspondances, tendance Valmont plus que Baudelaire, venez nous rejoindre ! Je vous propose d’écrire des nouvelles dans lesquelles une lettre, des lettres, un échange de lettres joue un rôle important. Ce qui s’y dit, ce qui s’y avoue, dans l’amour ou la haine, que le personnage n’aurait jamais osé dire de vive voix ; ce qui s’y cache entre les lignes, ce qui s’y trouve censuré par la morale ou un pouvoir politique, tout est bon dans la lettre. On peut mettre une vie à écrire une lettre ; on peut jeter sur un coup de tête quelques mots définitifs dans une missive hâtive… La situation de communication, dans laquelle les interlocuteurs n’appartiennent ni au même espace, ni au même temps – quoique les correspondances par mails tendent à rapprocher les temporalités – favorise toutes les audaces, triomphe de bien des tabous, mais autorise aussi tous les mensonges et laisse parfois des traces bien dangereuses…

Une lettre peut être un élément clé d’un dispositif narratif : elle confirme ou infirme ce que le narrateur a révélé d’un personnage au lecteur, elle permet en variant les points de vue, la connaissance intime de différents personnages – libre au lecteur de prendre à la lettre ce que lesdits personnages racontent d’eux-mêmes, ou non… Car l’effet de réel produit par une lettre, dans un récit, est puissant, donc dangereux. Tout échange de lettres s’inscrit potentiellement dans une entreprise de séduction, de manipulation, en tout bien tout honneur, ou pas.

Pour ne rien dire des protocoles narratifs entièrement épistolaires, espace d’écriture très ludique et contraignant — et j’en sais quelque chose.

D’ailleurs, à ce propos, quelques possibilités de lecture, rien d’exhaustif évidemment :

En matière de roman épistolaire, Laclos, bien sûr, Les liaisons dangereuses, où la lettre devient une arme à double tranchant. Version contemporaine : La toile, de Sandra Lucbert.

Un mot des romans qui ne se composent que d’une seule lettre : soit parce que la lettre est très longue, soit parce qu’on n’a pas les réponses des destinataires : Les lettres portugaises ou Les souffrances du jeune Werther de Goethe (prévoir des kleenex dans l’atelier). La lettre au père de Kafka n’a même pas été envoyée de son vivant… Vient de paraitre Minuit en mon silence, de Cendors, une lettre (de fiction) écrite du front de la guerre de 14 à une femme. On pense à Alain Fournier : on a raison, le personnage s’en inspire un tout petit peu (la correspondance de cet auteur avec les femmes de sa vie vient d’ailleurs de sortir).

Et quand l’absence même de réponse devient réponse… Inconnu à cette adresse, de Kathrine Kressmann Taylor

Toute lettre s’adresse par définition à un.e absent.e, mais il est des absences plus douloureuses que d’autres. Dans le domaine autobiographique, citons celle de Poivre d’Arvor à sa fille Solenn.

Certains auteurs écrivent des mails ; d’autres mettent un point d’honneur à rester attaché à la matérialité de la lettre : Bobin, un bruit de balançoire, qui sort fin août 2017.

Permettez un petit détour par ma bibliographie : dans La lettre déchirée, roman pour jeunes, la lettre d’un père brille par son absence… Dans Pseudo, roman épistolaire, trois femmes échangent des mails entre elles et avec un homme rencontré sur Internet, sous couvert d’une identité factice commune.

 

En savoir + : Ella Balaert

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Les jeudis 7-14-21 déc /11-18-25 janvier 2018
Théâtre Clin d’Oeil – 14h à 16h15 OU 19h30 à 21h45 (créneau du soir : complet)


Joëlle Cuvilliez – « Engagez-vous qu’ils disaient ! »

A vous tous et toutes qui êtes animés de cette force de vie, de ce souffle d’énergie qui parfois soulève les montagnes, renverse les tyrans, autorise les révolutions intérieures, à vous qui aimez les lettres, les textes courts et efficaces, les harangues et les envolées lyriques, les mots chuchotés et les rappels à l’ordre ou au désordre, voici un atelier qui pourrait vous tenter.

Il a en son cœur l’engagement – que Sartre a un jour résumé ainsi : « Chaque parole a des retentissements ».

Un atelier donc, où chacun, chacune poserait des paroles qui retentiraient et s’engagerait, c’est-à-dire ferait preuve de détermination ; il en faut forcément coup pour aller au bout de l’écriture d’une nouvelle, qu’elle qu’en soit la forme, poétique ou prosaïque, discursive ou épistolaire, noire ou blanche, historique ou fantastique…

Un atelier, disais-je, où le pléonasme aurait droit de cité : écrire, c’est évidemment partager, convaincre, transmettre. Où l’engagement pourrait être une promesse entre deux futurs, un combat, la remise en jeu de la balle, une occasion de tricoter des faits réels ou supposés, des histoires banales ou légères ou encore héroïques, passées ou actuelles, débouchant sur la vie ou sur la mort, vécues à bras-le-corps, à bout de souffle ou du bout des lèvres, politiques ou amorales, amoureuses ou financières… Et qui sait quoi d’autre encore ?

Un atelier, enfin, qui verrait en filigrane se profiler une deuxième contrainte – engageant chaque écrivant !- celle d’aller au bout de l’exercice en six séances, de ciseler le texte, de l’étoffer, de le muscler, de le raffermir, de lui apporter vigueur et profondeur, ligne après ligne, paragraphe après paragraphe, page après page. Et, si le temps et l’envie le permettent, de décliner la nouvelle en un autre texte sur le même sujet, avec des personnages identiques, mais depuis un point de vue, une expression, une chute différents. Quand on s’engage, il faut savoir bouger les lignes !

Enfin, à tous ceux et toutes celles qui hésitent et se disent qu’ils seraient bien tentés de participer, mais sans s’engager, je préfère le dire tout net : ne pas s’engager, c’est aussi s’engager.

Née en Normandie au pays de Guy de Maupassant Joëlle Cuvilliez aime par-dessus tout voyager. Après avoir été professeur d’arabe en Tunisie et journaliste en banlieue parisienne, elle écrit, ce qui, somme toute, est encore une façon de voyager. Perpétuellement confrontée à l’exercice de la synthèse dans son métier de journaliste, elle a fait du texte court et de la nouvelle son genre de prédilection.

En savoir + : Joëlle Cuvilliez

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Les jeudis 1-8-15-22 février / 15-22 mars 2018
Théâtre Clin d’Oeil – 14h à 16h15  / 19h30 à 21h45