Patrick Chamoiseau – 6 avril 2018

Après des études en France métropolitaine, Patrick Chamoiseau rentre chez lui, en Martinique et s’intéresse de près à la culture créole. Il publie son premier roman en 1986. Il obtient la consécration en 1992 en gagnant le prix Goncourt pour son roman Texaco, une œuvre vaste présentant la vie de Martiniquais sur trois générations.

Son œuvre dépeint les traits de la culture populaire martiniquaise, celle des petites gens et de leurs combats. Chronique des Sept misères évoque le triste destin des djobeurs, hommes à tout faire sur les marchés de Fort-de-France, Cet ouvrage déplore la disparition d’une créativité qui alimentait l’identité créole. Il dénonce avec Chronique des sept misères l’acculturation du peuple martiniquais, largement due à la départementalisation.

Texaco explore l’histoire moderne de la Martinique. Ce roman est reconnu comme l’une des œuvres antillaises majeures de la fin du xxe siècle.

Chamoiseau interroge également les formes d’expression créoles. Prenant acte de l’existence d’une culture créole essentiellement travaillée par l’oralité, il envisage le développement d’une littérature orale pour laquelle l’écrivain, héritant des tournures orales et des conteurs créoles, aurait pour rôle de s’ériger en « marqueur de paroles ».

Il évoque sa démarche littéraire et son itinéraire artistique dans l’essai Écrire en pays dominé.

Patrick Chamoiseau vient de publier un ouvrage poétique et passionné, Frères migrants (Seuil, mai 2017), véritable manifeste poétique pour tous ceux qui sont refoulés aux frontières ou qui errent de centres de rétention en bidonvilles.

Ami d’Édouard Glissant, il cherche à développer avec celui-ci le concept de mondialité, en vue de traduire, sur le point de vue politique et poétique, une nouvelle conception du monde qui serait fondée sur l’ouverture des cultures, la protection des imaginaires des peuples, lesquels disparaissent lentement sous l’action uniformisatrice de la mondialisation.

En savoir + : Patrick Chamoiseau

 

Entrée :  6 € / Théâtre Clin D’œil – 12 rue de la république – Saint Jean de Braye

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Les bars à textes : présentation

“Le texte écrit, couché, au son de la voix se lève et marche” Elsa Triolet

Découvrir un auteur : l’écouter, échanger avec lui, explorer son oeuvre, entendre ses textes, se procurer ses livres…
Dans une ambiance de cabaret littéraire, TCN propose de faire de cette rencontre un moment festif et convivial. Entre Littérature et Théâtre, les Bars à Textes proposent l’ouverture de lieux de découverte d’auteurs, de genres littéraires ou d’expériences singulières.

Petites balades au comptoir, le public est invité à accrocher un mot, une phrase, un poème ou tout simplement une réflexion.

Autour de Charlotte Delbo, avec Valentine Goby – 2 Février 2018

 

Communiste, issue d’une famille d’immigrés italiens, Charlotte Delbo travaille avant la guerre comme assistante du metteur en scène Louis Jouvet. Elle s’engage en 1941 dans la Résistance avec son mari Georges Dudach qui sera arrêté avec elle et fusillé en 1942. Elle est déportée à Auschwitz par le convoi du 24 janvier 19431 parmi 230 femmes. Elle sera l’une des 49 rescapées de ce convoi qui compte principalement des déportées politiques. Pendant sa déportation, elle décide qu’à son retour, elle écrira son témoignage de ce qu’elles ont vécu, lequel sera publié en 1965 sous le titre Aucun de nous ne reviendra.

Revenue des camps, elle publie une œuvre marquée par sa déportation et garde une activité militante, s’engageant par exemple contre la guerre menée par la France pour garder l’Algérie française.
Une grande partie de son œuvre littéraire, à l’égal de celles de Robert Antelme et de Primo Levi, témoigne de ce qu’elle a vu et vécu dans les camps d’Auschwitz-Birkenau et de Ravensbrück.

Valentine Goby Charlotte Delbo

Valentine Goby Charlotte Delbo

« J’ai ouvert Aucun de nous ne reviendra, et cette voix m’a saisie comme nulle autre. Je suis entrée à Auschwitz par la langue. »

L’une, Valentine Goby, est romancière. L’autre, c’est Charlotte Delbo, amoureuse, déportée, résistante, poète ; elle a laissé une oeuvre foudroyante. Voici deux femmes engagées, la littérature chevillée au corps. Au sortir d’Auschwitz, Charlotte Delbo invente une écriture radicale, puissante, suggestive pour continuer de vivre, envers et contre tout.

Lorsqu’elle la découvre, Valentine Goby, éblouie, plonge dans son oeuvre et déroule lentement le fil qui la relie à cette femme hors du commun. Pour que d’autres risquent l’aventure magnifique de sa lecture, mais aussi pour lancer un grand cri d’amour à la littérature. Celle qui change la vie, qui console, qui sauve.

En savoir + : Charlotte Delbo

En savoir + : Valentine Goby  » Je me promets d’éclatantes revanches »

 

 

Entrée :  6 € / Théâtre Clin D’œil – 12 rue de la république – Saint Jean de Braye

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