« L’Heure du poltron » de Marie Frering

Je sais, j’aurais dû fermer la porte plus tôt, au moment où j’étais encore capable de me lever et de tourner la clé dans la serrure ou de m’enfuir loin, impossible à retrouver vivant. Mais j’avais peur, je prenais vos mains secourables et j’aimais vous voir vous détourner pour pleurer. J’étais devenu attrayant, moi le petit bourgeois puritain américain, loué pour son zèle et son honnêteté. J’étais aussi stable que mon poste et mes enfants ont suivi mon exemple. Il me reste un peu de temps pour glisser dans d’autres destinées. En route ! Je veux vivre cette dernière chance d’être un autre, d’autres, avec mon âme encore faiblement clouée à mon corps. 
Dix récits, en époques et lieux différents, où tremblent les destins des personnages, où les événements franchissent en transfuges les frontières de l’intérieur et de l’extérieur, où le réel et l’irréel sont poreux, où les vies s’écartent de ce qui semblait être leur trajectoire.
(Editeur : Lunatique)

Marie Frering est née en 1960 à Strasbourg. Son parcours est celui d’une autodidacte. Comédienne au théâtre, metteur en scène, réalisatrice radio, puis trois années à travailler dans l’humanitaire pendant la guerre en Bosnie et dans la reconstruction économique après la guerre, ses activités aujourd’hui sont plus tournées vers l’écriture et la dramaturgie pour des films documentaires. Elle a vécu à Sarajevo de 1994 à 1997. Elle est l’auteur de « Désirée » et de « L’Ombre des montagne »s (tous deux parus chez Quidam Éditeur, 2008), et des « Souliers rouges » (Lunatique, 2017).